La Zone d'intérêt

La Zone d'intérêt

COMMENTAIRES

Un rythme extrêmement lent voulu pour appuyer l'horreur de ce qu'il se passait, vaut le coup d'œil !
Pas spécialement mon genre de prédilection mais mérite d'être vu.
3/5

L'essentiel de l'hypocrisie est matérialisé par ce mur de 3m50, surélevé de barbelés et, de part et d'autre, deux mondes qui ne se rencontrent pas. L'effroi absolu se déroule toujours au second plan, qu'il soit visuel ou sonore et de front, ceux qui profitent avec une perfidie glaçante du malheur ambiant ou dans le déroulement des opérations stratégiques. Un traitement singulier provoquant un sentiment de malaise permanent, appuyé par une mise en scène extrêmement étudiée. Ce drame manque toutefois d'un final pleinement abouti.

Au vu du nombre d'articles, de critiques positives et de la mise en avant du travail sonore sur le film, me voila bien décidé à en profiter, attentif au moindre son. Le film s'ouvre sur un long noir pour mettre le spectateur dans l'ambiance avant de basculer sur un paysage ensoleillé au bord de l'eau mettant en scène une famille qui pique-nique. Le ton est donné. Filmé hors-plan comme le réalisateur le soulignera tout au long du métrage, nous voila au sein de cette famille banale que l'on voit jardiner, se baigner dans la piscine, dîner, avec des enfants qui jouent, qui dorment. Et pourtant. Pourtant cette famille vit à quelques mètres du camps de Auschwitz et derrière les murs, toute l'horreur que nous ne verrons jamais se déroule. Fumée des corps qui brûlent, cris, esclaves exploités au travail... Et le père de cette famille filmée comme n'importe laquelle n'est autre que Rudolf Höss, l'un des artisans les plus fidèles et motivés du troisième Reich. Hannah Arendt parlait de la banalité du mal et c'est certainement le centre du propos que cherche à mettre en avant Jonathan Glazer. Le problème est qu'au bout de quinze minutes, tout est dit et le reste tourne en rond. L'aspect esthétique comme les partis pris intellectualisant sont finalement gênants sur un tel sujet ( petite fille, en négatif noir et blanc, ramassant des pommes de terre ou ces femmes de ménage polonaises nettoyant, aujourd'hui, le musée d'Auschwitz ). Autant lire " lamort est mon métier" de Robert Merle, passionnant, qui montre qui était le terrible personnage Rudolf Höss.

Classique instantané témoin d'une société qui évolue en traitant de sujets anthropologiques plus intéressants, profonds pour un résultat terrifiant.

Le film se veut comme une expérience sensorielle avec un aspect documentaire où chaque scène a un intérêt pour ajouter un peu plus à l'horreur de ce quotidien glaçant. Il convoque ce que l'on sait par ailleurs de la solution finale pour éveiller les consciences et passer le relai d'une mémoire collective qui doit rester vive en nous soulevant le coeur.

Le film a même une portée universelle dans son objectif à nous habituer à l'horreur à laquelle nous sommes confrontés au quotidien (à ce titre le son a une importance capitale dans le dispositif).

Sa "limite" c'est que si on ne connait rien de la Shoah il ne fonctionne pas. Je pense qu'il deviendra un classique à montrer dans les écoles à condition d'avoir un petit "bagage" Shoah (bon après des gens qui regardent ce type de film et ne connaissance pas la Shoah je pense qu'ils n'existent pas hors enfants).

Quelle année pour le cinéma !

On savait un petit peu à quoi s'attendre en connaissant Jonathan Glazer, qui avait déjà laissé interrogateur avec son précédent film "Under the skin" il y a 10 ans. Mais, il n'y a pas à dire, "La Zone d'Intérêt" n'est pas un film comme les autres.

Le ton est donné dès le début du film, un écran noir de 5 minutes mais une bande originale qui ressemble à des cris, des plaintes. Le plus important dans le film, ce ne sera pas ce que vous verrez, mais ce que vous ne verrez pas.

Sur le papier, c'est une idée brillante. Qu'y-a-t-il de plus glaçant que le portrait naturaliste et ordinaire d'une famille profitant de la vie, à seulement quelques centaines de mètres du plus grand génocide du XXème siècle ?
L'horreur est continuellement suggérée : par des dialogues avec Hedwig qui s'amuse d'avoir récupéré les vêtements d'une femme juive, des cris au lointain, la fumée des fours qui s'élève dans le ciel en arrière-plan. Loin de simplement s'arrêter à ce questionnement sur cette famille autour de camp, le film pousse la réflexion en interrogeant la proximité logistique (ceux qui organisent l'horreur en coulisses) mais aussi la proximité historique (avec des plans surprenants sur le musée d'Auschwitz et ces personnes qui entretiennent la mémoire étant un en sens les héritiers de la zone d'intérêt).

Aussi puissant que le film est théoriquement dans sa force de réflexion, il tombe malheureusement parfois dans l'hypernaturalisme qui confine à l'ennui. Au milieu du film et vers la fin, se pose ainsi, de gros passages à vide. On comprend ce qui est raconté mais la sensation que les scènettes ne font que répéter les thématiques déjà abordées plus tôt se fait sentir et donne au film une forte lourdeur.

De façon générale, l'exercice est incontestablement bien mené : on est sur un film intelligent qui interpelle le spectateur en lui ouvrant les yeux sur des perspectives terrifiantes. Malgré ses faiblesses de rythme, La Zone d'Intérêt est une expérience de cinéma inédite qui a le mérite de bousculer les lignes dans une grande subtilité. 3,5/5

Finement produit, c'est clair, eux avaient une vie aussi proche des camps de concentration, les enfants entendent tout, témoins de ce qui se tisse.... ils ont tourné sur le site, déjà. Bien filmé, crédible, au titre du devoir de mémoire.

Lourd et superficiel. Quel dommage ! Sujet très intéressant mais très mal traité. Des références à l’horreur décalées et forcées. Très bons acteurs mais aucune information sur le parcours de leurs personnages. Bref de la caricature qui n’apporte rien.

Sentiment de malaise tout le long du film, mais dans le bon sens. Vraiment fascinée par ce bourdonnement incessant des cheminées tout au long du long métrage, l’on suggère l’horreur si proche dans le quotidien d’une famille plutôt basique. Leur petite vie suit leur cours sans se soucier réellement de ce qu’il se passe à quelques mètres de chez eux. La bande son est un.e acteur/rice ? à part entière. Il fallait oser ce point de vue, et c’est brillant

★★★☆ Une atmosphère surréaliste et étouffante, sublimée par un remarquable travail sur le sound-design.

A côté de Shoah ou Le Fils de Saul, La Zone d'intérêt fait long feu.

Très bon film c est exact!!
ce qui m horrifie c est de montrer l horreur d hier et le comportement des uns certes MAIS aujourd'hui c est bien pire niveau comportement : on nous a parlé durant 60 ans de cela mais pour quel résultat? Quelle prise de conscience ? une bonne partie des gens actuels sont sans âme , sans culture , mélangent tout , irresponsables. Le monde d aujourd'hui hui est bien pire,
Surfons sur les horreurs et les aveugles d aujourd'hui svp les réalisateurs, scénaristes et producteurs, merci

Je l'avais pas revu depuis Cannes (cf mon com de mai plus bas), revu poyr la 3e fois : pour moi c'est simple le constat est le même, c'est le meilleur film de la dernière décennie

Les commentaires des spectateurs c’est quelque chose. La plupart n’ont rien compris ou se sont arrêté au 20 premières minutes alors que le film dépeint avec précision la banalité du mal et l’horreur humaine. Les scènes sont juste et précises. La petite polonaise déposant des pommes sont par le biais du partit pris visuel une opposition a l’horreur des camps. C’est une œuvre nécessaire et non pas une œuvre de distraction. La fin du film en est le parfait exemple. En résulte une seule problématique pour moi qui est l’odeur. D’après de nombreux témoignages l’odeur des camps était vraiment insupportable et à aucun moment la réflexion est faites durant les deux heures de film.

Sinon et sans cela masterpiece !

J'ai mis 3.5 à ce film car j'en suis ressorti sans savoir quoi trop en penser. A la fois prenant et bien filmé, malaisant et dérangeant, il a le mérite de faire réfléchir et d'être dans la suggestion plutôt que dans l'explicite. Un film à voir, mais que je ne reverrai probablement pas tellement il est particulier, on en ressort décontenancés et un peu "sales" d'avoir partagé ainsi le quotidien de cette famille complètement déconnectée et partie prenante de l'horreur présente à sa porte.

Tellement dommage le nombre ridicule de salles proposant la projection de ce film quand tant de « navets » ont toutes portes ouvertes. Un scandale

trop hâte

Assez d’accord avec la critique de première. Glazer fait parfois trop son malin à enchaîner les uns après les autres ses effets de mise en scène comme une collection « horreur » feutrée. « Oh ils jouent dans le jardin mais on voit le fumée du train au loin » et aussi la scène de la rivière où on repassera niveau subtilité. C’est un film qui veut faire genre mais n’atteint pas le niveau expérimental et puissant qu’il prétend être. Il y a quand même la fabuleuse scène de nuit qui restera un grand moment , il faut le dire

Glaçant quand on s’imagine ce qui se passe derrière ces murs !!!

Pas diffusé dans le Pathé d'Angers, dégouté...

Etonnant quand même que personne n'évoque LA MORT EST MON METIER de l'écrivain Robert Merle, et adapté à l'écran en 1977; ouvrage sous forme de roman décrivant la petite vie tranquille et familiale de Rudolph Hoess, le directeur du camp d'Auschwitz, fonctionnaire consciencieux s'il en est ayant pour tâche d'atteindre des objectifs de production et mettant tout en oeuvre afin d'y parvenir.

Une véritable mécanique de mise en scène, offrant un angle d'approche, un point de vue formel et sensoriel inédit pour traiter le sujet du camp d'extermination nazi avec une ambiance lourde, pesante et étouffante où les choix de la forme soutiennent les enjeux du fond.
Avec un minimalisme hautement symbolique dans l'image qui choisit ce qui suffit pour faire horreur sans jamais choisir d'images chocs, le film propose une superbe fresque familiale sur le déni, la perception dans la mécanique déshumanisée de la machine nazie.
C'est splendide, unique et fascinant avec des petites fulgurances expérimentales qui sortent le film du simple "biopic" et le posent encore un cran plus loin pour transcender le genre.
Un film parfaitement maîtrisé qui fait froid dans le dos sur la peinture du "mal" qu'il dissèque dans son aspect le plus déconcertant; celui d'un ordinaire familial.
Après l'ovni de Lanthimos, l'autre grand choc ciné du début 2024. Et un film qui n'a pas volé sa récompense à Cannes (qui fut décidemment une belle cuvée avec Triet, Kore Eda et Glazer)

Vu à Deauville, le film est immense! Déjà envie de le revoir. Du jamais vu au Cinéma et une réalisation comme on en voit jamais ! Du génie pur

Janvier 2024... va falloir être patient pour le prochain Glazer 😢